5000 étudiants non-inscrits de l’université FHB: ces chiffres qui contredisent la présidence de l’université


  • jeudi 05 septembre 2019
Des milliers d'étudiants non-inscrits ont manifesté devant la présidence de l’université FHB.

Serenti News

Dans une interview accordée à la presse, Prof. Atta Koffi, vice-président de l’Université, a affirmé qu’«ils sont 800 étudiants non-inscrits au titre de l’année 2017-2018». Mais le collectif des étudiants non-inscrits, qui a animé une conférence de presse, le lundi 2 septembre, affirment que «lorsque les procès-verbaux sont sortis, nous avons dénombré 2931 non-inscrits pour le seul département de géographie».  Des chiffres qui battent en brèche ceux présentés par la présidence de l’université.

Revenant sur les causes de cette non-inscription des étudiants dans le délai, Zeba Martin, le porte-parole des étudiants non-inscrits, a indiqué qu’il serait malhonnête de ne pas reconnaître que certains étudiants font preuve de négligence, mais la réalité est beaucoup plus problématique que cette conclusion active. Car il convient de noter que plusieurs facteurs sont à prendre en compte dans ce dossier.

Entre autres raisons évoquées par ces étudiants pour justifier cette situation, c’est la lourdeur administrative.  A l’université Félix Houphouët-Boigny de Cocody, les différentes facultés et départements ne finissent pas à la même période, mais la scolarité centrale lance les inscriptions pour tous en même temps, sans tenir compte de ce majestueux décalage entre son calendrier et celui des différentes facultés et départements.

Conséquence, au moment où la scolarité demande aux étudiants de venir s’inscrire, certaines facultés n’ont même pas encore terminé les examens pour fournir les PV aux étudiants leur permettant de s’inscrire, ce qui constitue un blocage. «Comment quelqu’un qui n’a pas fini l’année antérieure peut-il s’inscrire?  Dans quelle année va-t-il s’inscrire, puisqu’il ne sait pas encore s’il passe en année supérieur ou pas? » s’interroge ces étudiants.

Autre élément présenté, la dernière période d’inscription accordée à la scolarité a coïncidé avec la longue période de grève du syndicat de la Coordination national des enseignants-chercheurs (Cnec). Cette grève a paralysé toute la chaîne de fonctionnement de l’université. Dans ces conditions, il était quasi-impossible pour les étudiants de s’inscrire dans ces circonstances.

Certains étudiants ont donc pensé que l’administration tiendrait compte de cette situation atténuante pour proroger le délai d’inscription une fois le calme revenu sur le campus. Mais que nenni.  Sans compter les longs rangs que les étudiants sont obligés de faire des jours durant sans pouvoir s’inscrire, pendant ce temps les cours et TD se déroulent concomitamment.   

En outre, comment comprendre que la scolarité ait accepté de laisser s’inscrire les étudiants retardataires de 2016-2017, mais refusent que les ceux de 2017-2018 puissent s’inscrire? Pourquoi ce deux poids deux mesures? Ce sont autant d’interrogations.

Il est inutile d’évoquer la situation sociale de la plupart des étudiants. En effet, depuis la réouverture de l’université, les inscriptions ont été multipliées par plus de 6: de 6000 à 30 000 pour les Licences, 60 000 pour le master 1 et de 25 000 à 90 000 pour les Masters 2 et doctorants.

Dans le même temps, l’année a été marquée par une baisse drastique des coûts des produits agricoles. Ils sont nombreux les enfants de planteurs qui comptent sur les revenus issus de ces produits pour s’inscrire.

Autant d’éléments qui n’ont pas favorisé la situation de la plupart des étudiants non-inscrits. Pour ces étudiants l’année 2019 étant déclarée année sociale, ce serait marqué d’un point noir les efforts considérables du Président de la République en faveur des démunis que de sacrifier l’avenir de ces milliers d’étudiants en détresse.

Eugène YAO

eugene.yao@serentinews.com