Journées de l’ARSN : la sûreté et la sécurité nucléaire au centre des préoccupations


  • vendredi 08 novembre 2019
L'Autorité de radioprotection, de sûreté  et de sécurité nucléaire (ARSN) organise des journées portes ouvertes (Photo: EY/Serenti News).

Serenti News

Créée par la loi N° 2013-701 du 10 octobre 2013 et opérationnelle depuis 2016, l’Autorité de radioprotection, de sûreté  et de sécurité nucléaire (ARSN) est encore méconnue du grand public, des décideurs nationaux et des partes prenantes. C’est pour pallier cette situation que cette structure publique organise, en collaboration avec le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, des journées portes ouvertes dénommées les « Journées de l’ARSN », du 7 au 8 novembre 2019, à la Maison de l’entreprise d’Abidjan-Plateau, sur le thème : «Sûreté et Sécurité nucléaires au quotidien».

Ces journées visent à sensibiliser les parties prenantes sur le rôle essentiel de l’ARSN pour une meilleure contribution aux efforts de développement de la Côte d’Ivoire. Elles sont marquées par la présentation d’un film institutionnel sur l’ARSN, des conférences-débats animées par des experts, des visites de stands.

« L’objectif de l’ARSN est de renforcer la protection de la population, des biens et de l’environnement face aux risques liés à l’utilisation des sources de rayonnements ionisants. Elle conseille, sensibilise, contrôle et veille à la conformité des installations et des activités en adéquation avec les enjeux nationaux, régionaux et internationaux », explique Professeur Kouassi Goffri Marie-Chantal, directrice générale de l’ARSN.

Pour Dr Ablé Ekissi Ambroise, représentant le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, après les deux ateliers qui ont permis à l’ARSN de développer son plan intégré d’appui à la sécurité nucléaire et de renforcer le dispositif réglementaire à travers l’amendement de la convention sur la protection physique des matières nucléaires, ces journées offrent l’opportunité au grand public, aux décideurs nationaux et internationaux, de faire plus ample connaissance avec cette institution.

Aussi dira-t-il,  « la Côte d’Ivoire est membre de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) depuis 1963 et a capitalisé au cours de ces deux dernières années les résultats tangibles qu’envisagent les sources de rayonnements ionisants, dans les secteurs variés que sont la santé, l’industrie, les mines, les travaux publics, l’agriculture et la recherche, notamment par la mise en place d’un cadre administratif et institutionnel adéquat pour réguler ce type d’activité, afin de protéger les utilisateurs, notamment la population, des effets nocifs des rayonnements ionisants ».

Rappelons que, depuis 1991, l’Etat s’est doté d’un laboratoire national de la santé publique, crée par le décret n° 91-654 du 9 octobre 1991. Et a promulgué, le 10 novembre 1998, la loi n° 98-593 relative à « la protection contre les rayonnements ionisants et à la sûreté nucléaire ». L’année 2013 a été marquée par  la promulgation de la loi n°2013-701, du 10 octobre 2013, portant « sûreté et sécurité nucléaires et protection contre les dangers des rayonnements ionisants » ; et de son décret d’application, le décret n° 2014-362 du 12 juin 2014, ponctué par la création d’une Autorité réglementaire compétente en matière de radioprotection,  et la signature du décret n° 2014-361 du 12 juin 2014 relatif à « l’organisation et le fonctionnement de l’Autorité de radioprotection, de sûreté et sécurité nucléaires (ARSN) ».

Selon Patrick Kassi, représentant le Secrétaire du Conseil national de sécurité, les rayonnements ionisants ont de nombreuses applications bénéfiques. En médecine, notamment, la Côte d’Ivoire dispose d’un centre national de radiothérapie et d’un centre de médecine nucléaire. Toutefois, l’on ne doit pas perdre de vue l’utilisation des dites sources sans un minimum de respect des normes réglementaires de radioprotection, qui exposent à des dangers irréversibles, d’où l’intérêt de ces journées de radioprotection, de sureté et de sécurité nucléaire, portant sur la sécurité nucléaire au quotidien.

Abdoul N’Diath, administrateur projet pour la Côte d’Ivoire, repressentant l’AIEA, souligne que le programme de la coopération technique entre la Côte d’Ivoire et l’AIEA embrasse un certain nombre de secteurs que sont l’agriculture, l’environnement, l’industrie.  « Un programme est actuellement en cours dans le cadre de la lutte contre le cancer », confie-t-il. Avant d’ajouter que cette coopération a permis d’offrir à la Côte d’ivoire des bourses d’études pour la formation du personnel dans le domaine.

Aussi, s’est-il félicité de l’existence de la RSS (Réforme du secteur de la sécurité), dont l’une des missions est de faire profiter le pays des bénéfices du nucléaire. « L’objectif à terme est de garantir la sureté et sécurité nucléaire des utilisateurs, des professionnels et du public », a-t-il soutenu.

Eugène YAO  

eugene.yao@serentinews.com