La CEDEAO veut renforcer l’intégration du genre dans la lutte contre la prolifération des armes légères au niveau régional


  • lundi 30 juillet 2018
Photo de groupe des participants à l'atelier, à Abuja (Photo: CEDEAO).

Serenti News

Le siège de la Commission de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), à Abuja (Nigeria), a abrité, du 26 au 27 juillet 2018, un atelier qui avait pour objet : «Renforcer la capacité opérationnelle de la CEDEAO à intégrer le genre dans l'architecture de la paix et de la sécurité de la CEDEAO: Examen du rapport de base sur le contrôle des armes légères et de petit calibre».

Outre la division des armes légères, organisatrice de l’événement, cet atelier a aussi vu l’implication de deux autres entités du département de maintien de la paix et de la sécurité régionale de la Commission de la CEDEAO. Il s’agit de la direction du genre et des affaires sociales, et de celle de l"alerte précoce.

Les participants à la réunion, venus du Nigeria, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée, du Ghana, de la Sierra Leone, du Liberia et du Sénégal, ainsi que d'organisations internationales partenaires, ont eu pour support de réflexion les résultats du rapport de l’étude sur l’intégration de la dimension genre dans l’architecture paix et sécurité de la communauté des Etats de l’Afrique de l’ouest  (composante contrôle des armes légères et de petit calibre).

Cette étude, initiée par la division des armes légères de la Commission, avec l’appui financier de l’Union européenne, a été réalisée par le Médecin-Générale de Brigade Coulibaly Kani Diabaté, experte en genre et sécurité et ancienne présidente de la Commission nationale de lutte contre la prolifération des ALPC du Mali.

A l’issue des deux journées de travail, Joseph Piex Ahoba, représentant le Commissaire aux affaires politiques, paix et sécurité, s’est dit pleinement satisfait de la qualité des travaux et des résultats obtenus qui ont permis d’enrichir l’étude de base du général Kani Diabaté Coulibal, réalisée auprès de la société civile et des commissions nationales (ComNat-ALPC) de cinq pays (Sierra Léone, Cote d’Ivoire, Togo,  Liberia, Guinée et Nigeria). 

Déjà, à l’ouverture de la réunion, le 26 juillet, M. Ahoba, déclarait : « Il est important d'intégrer l'équilibre entre les sexes dans les plans et processus du secteur de la paix et de la sécurité en mettant l'accent sur le contrôle et la prolifération illicite des armes légères et de petit calibre (ALPC). Les effets des conflits, de la crise et de la sécurité affectent à la fois les hommes et les femmes, mais dans l'ensemble, les femmes sont les plus touchées par les pires conséquences de ces situations ».

Et d’ajouter : «La Division des armes légères de la Commission de la CEDEAO a donc collaboré avec les Nations Unies pour accroître la participation des femmes aux processus de paix et de sécurité, comme le stipule la résolution 1325 des Nations Unies».

Pour sa part, Dr Sintike Ugbe, directrice du genre et des affaires sociales de la Commission, s’est réjouie du leadership pris par la division des ALPC sur cette importante question. Et de la réalisation de cette étude base qui doit permettre de «développer le cadre qui va aider la division des ALPC à intégrer le genre au niveau régional ».

Des recommandations ont été faites dans ce sens par les experts participants à cette atelier, pour « faciliter l'intégration de la dynamique ‘’genre’’ dans la lutte contre la prolifération, la circulation illicite et le trafic des ALPC dans la région de la CEDEAO». Et ainsi arriver à ce que les femmes ne soient plus considérées seulement du point de vue des victimes, mais qu'elles soient également prise en compte comme des actrices dans l'analyse et les réponses à apporter à cette problématique.

Michèle Pépé, à Abuja

michpep@serentinews.com