Obsèques: ultimes adieux à Bernard Dadié


  • samedi 13 avril 2019
Les ultimes hommages au père de la littérature ivoirienne ont connu leur point d’orgue, vendredi, par une messe de requiem à la cathédrale Saint Paul du Plateau, avant son inhumation au cimetière municipal de Williamsville-Adjamé (Photo: DR).

AIP

Le chœur de louanges et d’hommages au patriarche Bernard Binlin Dadié, père de la littérature ivoirienne, a connu son point d’orgue, vendredi, par une messe de requiem à la cathédrale Saint Paul du Plateau, avant son inhumation au cimetière municipal de Williamsville-Adjamé.

La chapelle ardente exposant le cercueil était dressée sur le parvis de la cathédrale où s’inclinaient les dernières personnes à lui rendre hommage. Dans l’enceinte de la cathédrale, des chants grégoriens et liturgiques rythmaient la messe célébrée par Mgr Dacoury Tabley, évêque émérite de Grand-Bassam, en présence du cardinal Jean Pierre Kutwa, archevêque d'Abidjan.

A cette étape avant l’ultime séparation, la société savante des académiciens, le monde de la littérature et des lettres, les amoureux de la beauté et de la richesse de la culture et des arts et la classe politique se sont joints, dans le recueillement, à la douleur de la grande famille Dadié.

« Vous avez perdu un grand homme. Mais Dieu vous a fait une grâce en le conservant parmi vous pendant plus de cent ans. C’est une merveille », les a consolés Mgr Dacoury qui a rappelé les deux principales qualités et vertus que le défunt laisse à la postérité, l’amour et la vérité.

« Il est parti c’est vrai, mais il nous a laissé une bibliothèque et deux qualités. Nous prions pour qu’il soit notre interprète auprès de Dieu pour que nous les gardions. Nous avons besoin d’amour pour dire toujours la vérité, pour faire de nous des hommes debout, des hommes libres, pour que notre pays la Côte d’Ivoire, le continent africain et le monde entier soient toujours debout », a-t-il prêché.

Ses propos semblaient sonner en échos à l’ensemble de la classe politique représentée par l’ex-Première dame, Simone Gbagbo, encadrée par les ministres Alain Donwahi et Maurice Bandaman, à côté de Maurice Kacou Guikahué ou encore Charles Konan Banny.

L’homme de Dieu a ensuite procédé à l’absoute ou cérémonie d’au-revoir par l’encensement du cercueil, la bénédiction par de l’eau bénite et la prière finale. A l’extérieur, il a reçu des honneurs militaires du 1er bataillon d’infanterie.

Avant sa mise en bière, des hommages lui avaient été rendus depuis le 1er avril, par les partis politiques, l’Académie des sciences, arts et cultures africaines et des diasporas africaines (ASCAD) dont il était membre, le monde de la culture, la nation toute entière.

Né le 10 janvier 1916, à Assinie, Bernard Dadié est l’auteur d’une œuvre littéraire prolifique doublée d’une riche carrière administrative et politique. Décédé à 103 ans, il était le dernier survivant des huit dirigeants du PDCI-RDA incarcérés en 1949 à la prison de Grand-Bassam, une incarcération qui avait provoqué la mémorable marche des femmes sur ce centre carcéral colonial.