Recomposition de la CEI: la Poeci dénonce la présence du Cndh comme représentant de la société civile


  • mardi 09 juillet 2019
La Plateforme des organisations de la société civile pour l'observation des élections en Côte d'Ivoire s'est prononcée sur le projet de loi de recomposition de la CEI (Photo: EY/Serenti News).

Serenti News

Dans une conférence de presse, animée le lundi 8 juillet 2019 à son siège, à Abidjan-Cocody, la Plateforme des organisations de la société civile pour l'observation des élections en Côte d'Ivoire (Poeci) a dénoncé la présence du Conseil des droits de l'homme comme membre de la Commission électorale indépendante (Cei) au nom de la Société civile.

"Dans le projet de loi, des dispositions nouvelles qui ont été prises par le gouvernement, on note la désignation d'un représentant du Conseil national des droits de l'homme (Cndh) comme membre de la Cei pour le compte de la société civile. La Poeci rappelle que le Cndh est une autorité administrative indépendante au terme de la loi nº2018-900 du 30 novembre 2018, et à ce titre ne peut figurer au nombre des organisations de la société civile", dénonce Adjoumani Pierre, secrétaire général de la Poeci.

Aussi a-t-il déploré l'absence des partis et groupements politiques tels que le PDCI et l'EDS tout le long du dialogue politique.

La Poeci se réjoui toutefois de quelques acquis dans cette disposition nouvelle: "à savoir, l'augmentation du nombre des représentants issus des organisations de la société civile, qui passe de 1 à 4, le retrait du représentant de l'Assemblée nationale, le retrait du représentant du ministère de l'économie et des finances, le retrait des confessions religieuses, ainsi que l'inéligibilité du représentant du Président de la République et du ministre de l'Intérieur au poste de président de la commission centrale de la Cei", a-t-il relevé.

C'est pourquoi, tout en saluant l'esprit qui a prévalu au cours des travaux sur la recomposition de la Cei, la Poeci encourage le gouvernement à poursuivre les discussions sur les conditions générales des élections de 2020 en vue d'aboutir à des élections crédibles, transparentes, ouvertes et apaisées en 2020.

Aussi a-t-elle invité les partis politiques à privilégier le dialogue concernant les questions d'intérêt national, tout en réitérant son vœu de voir une personnalité issue de la société civile désignée comme président de la Commission centrale de la Cei, dans un souci de neutralité et d'objectivité. Ceci en vue de garantir un climat apaisé lors du cycle électoral de 2020.

Le mercredi 3 juillet 2019, le gouvernement ivoirien a rendu public le projet de loi portant recomposition de la Commission centrale ainsi que les commissions locales de la Cei. L'opposition a aussitôt dénoncé une action unilatérale du pouvoir, non conforme à la recommandation de la Cour africaine de justice et des droits humains, qui a recommandé une Cei consensuelle.

Eugène YAO

eugene.yao@serentinews.com